Monsieur le Directeur Général
J'ai pris bonne note de l'invitation que vous avez adressée le 27 juillet dernier à l'ensemble des secrétaires généraux et des délégués syndicaux centraux d'entreprise en vue d'une réunion le 8 septembre prochain. Cette réunion aura pour but, je vous cite, "d'examiner les conditions de mise en oeuvre des conclusions des groupes de travail qui ont fonctionné dans le cadre de la préparation du contrat de plan Etat-ONF, de déterminer les mesures qui doivent faire l'objet de négociations et de fixer le calendrier de ces dernières".
Je vous informe que la CGT-Forêt a décidé de ne pas se rendre à cette réunion. En effet, le contrat dit "d'objectifs et de performance", qui a été avalisé par le Conseil d'Administration de l'ONF, est selon nous un véritable "Munich" pour notre Etablissement public. Il est tellement inacceptable qu'il a fait l'objet d'un rejet unanime de toutes les organisations syndicales représentatives des personnels de tous statuts.
Malgré cela, vous avez choisi d'obéir aux injonctions des tutelles ministérielles, donc de le passer en force.
De fait, nous constatons que les multiples groupes de travail qui ont été mis en place dans le cadre de la préparation de ce contrat n'ont finalement servi à rien d'autre qu'à "amuser la galerie". Les multiples propositions avancées par les diverses organisations syndicales dans le cadre de cette préparation ont été, pour la plupart, balayées d'un revers de main. Cela parce que la "ligne politique" était tracée depuis longtemps et qu'il était de toute façon hors de question d'en dévier d'un millimètre...
Dans ces conditions, qu'aurions nous à gagner dans des réunions informelles, sans aucun caractère officiel, destinées à servir d'alibi au dialogue social? Ce dernier mérite pourtant beaucoup mieux, surtout après le malaise résultant des quatre suicides consécutifs intervenus cet été et des commentaires lamentables qui ont suivi, de la part d'un de nos ministres de tutelle, mais aussi de la part de certains représentants de la direction générale.
La CGT-Forêt refuse d'entériner un tel contrat de plan, nuisible pour l'ONF comme pour ses personnels. Elle a décidé de le combattre de toutes ses forces, si possible dans l'unité avec les personnels et de concert avec toutes les organisations syndicales qui l'ont rejeté. Notre refus d'assister à votre réunion du 8 septembre s'inscrit dans ce combat.
Par contre, nous restons disponibles à tout moment pour participer à des négociations, tant au niveau national que territorial ou régional, à condition qu'elles soient véritablement officielles, donc s'inscrivant dans le cadre de la loi n° 2010-751 du 5 juillet 2010 relative à la rénovation du dialogue social dans la Fonction Publique (articles 1 et 28). Nous vous proposons même d'en ouvrir une cet automne sur le thème des droits syndicaux et de la pénibilité.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur Général, l'expression de ma considération distinguée.
Pascal LECLERCQ
Secrétaire général de la CGT-Forêt
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